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L’expérience Néerlandaise du miroir de la durabilité
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"le barométre Néerlandais"

Aux Pays-Bas, après Rio en 1992, des communes, des ONG et des élus impulsent l’idée de mettre en place des agendas 21. Des actions précises s’expérimentent, le développement soutenable est en route.
L’État néerlandais prend acte de ces innovations et décide en 1998 d’encourager fortement des plans d’actions pour le développement durable. Mais un processus d’agenda 21 nécessite une très large participation citoyenne. Aussi le gouvernement s’adresse-t-il aux organisations non gouvernemantales (ONG), représentantes la société civile, pour mettre en place une dynamique participative et citoyenne d’incitation aux agendas 21.

Comment permettre à tous de comprendre ce qu’un plan d’actions de développement durable peut contenir ?
Comment se faire une idée concrète des Agendas 21 locaux compte tenu de leur diversité ?
Comment s’assurer que les citoyens peuvent entrer dans ce dispositif qui inaugure de manière centrale la démocratie participative ?
Comment dynamiser la démarche ?

Quel processus et quel outil vont bien pouvoir répondre à ces quatre niveaux de questionnements pour impulser des actions « soutenables » ?
Exemple néerlandais

Tel est le challenge auquel les ONG sont conviées. Une plateforme multi-associative est créée.

L’outil choisi prend la forme d’un questionnaire participatif. La dynamique associative a permis la transversalité entre les quatre grandes problématiques : écologie, économie, équité et participation citoyenne.

L’idée du questionnaire est née en réponse à plusieurs interrogations : comment sensibiliser tous les citoyens ? comment repérer les réalisations des communes innovantes en matière de développement durable ? comment inciter les autres à entrer dans le processus ? Le questionnaire est adressé à toutes les communes.

L’élaboration du questionnaire a été passionnante. En effet, les grandes associations néerlandaises qui l’ont construit venaient d’horizons très différents (solidarités internationales, environnement, santé...). Elles ont donc pu mettre en commun leurs expériences et leurs visions du développement durable. En 1999 est lancée la première version « du miroir de la durabilité » l’intitulé invite chaque commune à se regarder dans le miroir. Un site relaie toutes les informations et les médias sont présents lors de la remise d’un premier prix. Succès qui a été poursuivi les années suivantes.

L’intérêt pour le citoyen est de pouvoir comparer sa commune avec d’autres communes en matière de développement durable. Le questionnaire suscite donc une curiosité enrichissante chez les citoyens et créé une émulation entre les communes. C’est la clé du succès de ce « baromètre de la durabilité ».

carte des Pays-BasLe site attire également l’attention du citoyen, des associations et des communes à l’aide de graphiques qui donnent une lisibilité immédiate des scores. Puis à partir de 2004, une carte des Pays-Bas permet de distinguer selon des couleurs, le degré d’engagement de chaque commune. De très nombreuses entrées sont possibles pour lire des données, jusqu’à une carte qui donne la réponse à chaque question !

L’essence du questionnaire se trouve dans ce juste équilibre, à plusieurs niveaux :

  • Situer les pratiques de développement durable, valoriser les actions structurantes au long court, situer les communes dans leur investissement pour le développement durable.
  • Etablir un questionnaire qui donne envie d’y répondre, avec de petites informations ou explications.
  • Trouver la question la plus simple et la plus chiffrée possible comme indice pertinent d’un aspect d’une problématique (ex : dépensez-vous plus de 0,50 € par habitant et par an pour la solidarité internationale ?).

Une commune qui entame quelques actions obtient des points. Trois niveaux de questions : l’intention, l’action réalisée et le plan structuré, budgétisé au long court.

Comme le veut la philosophie des Agendas 21, il ne s’agit pas de mettre en compétition rude les communes mais de créer une émulation et de la coopération pour des partages d’expériences fructueux, tout en reconnaissant les plus innovantes.

Les communes, les citoyens et les associations engagés pour le développement durable trouvent dans ce questionnaire, ses résultats et son site, une notoriété méritée. Les communes obtiennent en général un meilleur score lorsqu’elles ont sur leur territoire des associations actives en matière de développement durable.

Il ne s’agit pas pour les ONG de produire un énième rapport sur les communes destiné à rester dans un tiroir, mais bien de la production d’un état des lieux des réalisations en cohérence avec un développement soutenable, qui soit impliquant et suscite la poursuite de bonnes pratiques. Le questionnaire, validé quant à sa pertinence à l’issue de comparaisons avec des études techniques, comprend près de 130 questions.

Bien qu’il existe des diagnostics techniques pour réaliser des Agendas 21, ce n’est pas la démarche choisie au travers de ce questionnaire. Ce « duurzaamheidsmeter » ou « mètre de la durablilité »(1) se veut un outil qui situe, sensibilise et encourage. Il entend inciter les communes à entrer dans des actions, puis des plans et des agendas 21. Il s’agit avant tout d’une démarche qui encourage la formation de tous à « l’expertise citoyenne » pour le développement durable, de manière facile et encourageante. Il invite indirectement chacun à prendre la mesure de ses actions dans une globalité et localement au niveau de sa commune. Véritable outil de formation donc, pour entrer dans une éco citoyenneté en tant qu’individu mais aussi en tant qu’acteur actif auprès de son conseil municipal. Il est un dynamiseur associatif avec, à la clef, un réel espace de partenariat reconnu par les autorités.

Site des Pays-Bas : http://www.duurzaamheidsmeter.nl

(1) Dans un second temps l’outil de mesure a pris comme intitulé «  mètre de la durabilité » ou « duurzaamheismeter »